Qu’est-ce que le neurofeedback ? 

Par :

Laura ESTEVE

Laura ESTEVE

Cofondatrice de NeuroLogic

Brendan PARSONS

Brendan PARSONS

Cofondateur de NeuroLogic

Le cerveau est un organe qui a la particularité d’évoluer tout au long de la vie.

On entend de plus en plus souvent parler du “neurofeedback” et à raison.

Cette technique importée d’outre atlantique est une petite révolution dans le monde des neurosciences. Le Neurofeedback POST vous propose, en 5 points, de mieux comprendre les bases de son fonctionnement.

 

Un système de rétroaction

Le neurofeedback se définit comme une application du biofeedback, en ce sens que c’est une application spécialisée de cette technique. Le biofeedback fonctionne grâce à une rétroaction d’origine physiologique, à laquelle nous n’avons normalement pas accès (rythme cardiaque, activité respiratoire, pression sanguine, conductance de la peau…) et que l’on présente au patient.

Le simple fait de présenter cette information permet à ce dernier d’apprendre à l’influencer.

Le neurofeedback, c’est donc du biofeedback, appliqué aux ondes cérébrales.

L’entraînement cérébral permet un apprentissage via un processus qu’on nomme la neuroplasticité. Cet apprentissage, ces changements s’effectuent via le conditionnement opérant et l’autorégulation consciente et volontaire.

Maintenant que les bases sont posées, reprenons les différents processus plus en profondeur.


Le conditionnement opérant

L’entraînement en neurofeedback, c’est donc montrer au sujet son activité cérébrale en temps réel. On notera que c’est une technique non invasive ; on pose des capteurs qui lisent l’activité électrique du cerveau et la retranscrivent sur l’écran de l’ordinateur.

En fonction de la cible à entraîner[1], c’est à dire du type d’ondes qui doit être “renforcé” ou “inhibé” (voir notre article sur les ondes cérébrales), on donne au cerveau une récompense (une vidéo et une musique qui jouent) ou une absence de récompense (la musique et la vidéo se coupent). Grâce à cette rétroaction et via ce système de récompense, le cerveau est capable d’effectuer des changements par lui-même, c’est-à-dire sans même l’intervention du sujet entraîné. On appelle cela le “conditionnement opérant”.

Pour ceux qui se rappellent de leurs cours de biologie, cela rappelle l’expérience du chien de Pavlov qui permet de découvrir que l’apprentissage associatif (ou réflexe) peut être conditionné par la présentation ou l’absence d’une récompense. Mais le neurofeedback ne se limite pas à cela.

 

L’autorégulation consciente et volontaire

En effet, le neurofeedback met la personne entraînée au cœur de son processus d’apprentissage et de changement. Cette dernière est sensibilisée aux différents types d’ondes qu’elle entraîne et à leurs fonctions. Ainsi, grâce à des stratégies d’entraînement qu’elle développe avec le professionnel qui l’accompagne, elle est actrice de ses changements. On parle alors d’autorégulation consciente et volontaire.

Le neurofeedback est donc une méthode qui fonctionne grâce à la technologie et l’avancée en neurosciences, mais la participation active du sujet et de l’accompagnement avisé du professionnel sont indispensables !

Le conditionnement opérant et l’apprentissage conscient et volontaire permettent des changements fonctionnels, c’est-à-dire observables dans le quotidien. Ils se manifestent également à un niveau structurel, c’est-à-dire dans l’organisation neuronale. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité.

 

La plasticité neuronale

Le cerveau est un organe qui a la particularité d’évoluer tout au long de la vie. Il s’adapte à nos expériences et se modifie par nos apprentissages. Nous avons donc, dans une certaine mesure, la capacité d’influencer ces processus.

Le neurofeedback, grâce à la rétroaction, le conditionnement opérant et le développement de l’autorégulation consciente et volontaire permet au cerveau de changer, d’apprendre, de se modifier, de s’adapter, pour améliorer le quotidien des personnes entraînées.

Les modifications structurelles sont observables grâce à la neuro-imagerie. C’est la raison pour laquelle, lors d’un entraînement sérieux en neurofeedback, on prend toujours des mesures cérébrales avant, pendant et après l’entraînement. D’autres moyens ont été déployés pour mesurer ces changements, notamment par des IRM (imagerie par résonance magnétique ; neuroimagerie structurelle) lors de recherches dans le domaine.

Maintenant que nous avons passé en revue les processus de base qui soutiennent la technique, je vous propose un aperçu des domaines dans lesquels le neurofeedback s’applique.

 

Les applications du neurofeedback

Les domaines d’application du neurofeedback sont multiples et il existe aujourd’hui de nombreuses recherches qui valident, à différents niveaux, son efficacité. Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez lire notre prochain article à ce sujet.

On peut identifier trois domaines principaux d’intervention :


Thérapeutique

Le neurofeedback est utilisé dans différents troubles qui se manifestent par des difficultés sur les plans physiologiques, cognitifs, émotionnels et/ou comportementaux et dont le diagnostic est posé par des professionnels de santé.

Voici une liste non-exhaustive des recommandations provenant de la recherche, de la littérature scientifique et de notre expérience clinique :


Haute performance

Le neurofeedback est très souvent utilisé dans l’amélioration des performances, qu’elles soient cognitives (préparation aux concours…) ou sportives (sportifs de haut niveau). La technique s’applique à différents moments de la performance : en phase de préparation, en phase d’action et enfin, en phase de récupération. Elle permet à la personne entraînée d’optimiser ses capacités et de s’adapter au mieux à chaque étape du processus de la haute performance.

Voici deux références qui ont appliqués le neurofeedback à leurs disciplines, avec succès : le football et le hockey.


Bien être

Enfin, il existe une partie de la population dite “saine” c’est-à-dire qui ne présente aucun trouble mais qui manifeste des difficultés. Ces personnes souhaitent s’entraîner avec le neurofeedback pour améliorer leur quotidien. Ces interventions, qui visent le bien-être, sont généralement accès autour de la gestion du stress, des meilleures capacités de concentration ou de récupération, de l’amélioration du sommeil, etc… Elle vise l’amélioration des fonctions physiologiques, cognitives, émotionnelles et/ou comportementales.

Le neurofeedback est un domaine vaste et complexe. Il est également très prometteur.

Cette technique, qui allie les neurosciences, la technologie de pointe et l’être humain, est une approche globale innovante. Pourtant, il est parfois difficile d’y voir clair dans la multitudes d’offres proposées autour de cette méthode. Par exemple, il existe plusieurs types de neurofeedback, et cela sera le sujet de notre prochain article.

La complexité de l’approche doit rappeler que c’est une discipline qui demande du sérieux, de la rigueur et de la transparence. Le neurofeedback n’est pas un métier, il est un outil, une technique au service du professionnel de santé et de la personne entraînée. En ce sens, il s’insère dans la pratique des professionnels de l’accompagnement, en complément d’une prise en charge globale de la personne.

Enfin, si cela vous intéresse, nous vous proposons une série d’articles qui permettent d’entrer encore plus en détail et peut-être répondre aux questions que vous vous posez sur la méthode.

Vous pouvez aussi nous écrire à contact@neurologic.fr, nous serons toujours ravis de vous lire et d’échanger avec vous.

Si le neurofeedback vous intéresse, vous pouvez découvrir toutes les nuances de cette technique de neuroscience appliquée sur notre site.

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[1]  Une cible est défini grâce à une évaluation cérébrale initiale qui permet une approche globale du fonctionnement cérébral. Voir notre article : “qu’est-ce qu’une évaluation?”

 

Sources : 

  1. Hammond, D. C. (2011). What is neurofeedback: An update. Journal of Neurotherapy, 15(4), 305-336.
  2. Marzbani, H., Marateb, H. R., & Mansourian, M. (2016). Neurofeedback: a comprehensive review on system design, methodology and clinical applications. Basic and clinical neuroscience, 7(2), 143.

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